Plate-forme collaborative, un instrument pour exploiter la maquette numérique

BIM
Le BIM impose le travail collaboratif entre tous les acteurs d’un projet de construction : maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprise et exploitant. Mais tous ont des logiciels métiers différents. Donc travailler ensemble à l’élaboration et à l’exploitation de la maquette numérique impose qu’ils aient un outil commun, indispensable pour communiquer et échanger : la plate-forme collaborative.

En passe de devenir incontournable pour l’ensemble des acteurs d’un projet de construction, le BIM n’est pas encore véritablement entré dans les mœurs. Notamment chez les entreprises artisanales et plus surprenant, les PME du bâtiment. Ainsi le dernier baromètre KPMG de janvier 2017 montre un manque de préparation de ces dernières sur le sujet. Seules 10% des structures de plus de 10 salariés l’ont adopté ou sont en train de l’adopter, et ce chiffre tombe à 4% pour les plus petites entreprises.

 

Plate-forme collaborative

L’un des freins à ce développement est la difficulté à échanger les données, autrement dit à mettre en place, entre les partenaires d’un projet, le travail collaboratif corollaire d’un projet BIM. Aujourd’hui, 90 % des participants à un projet de construction n’ont qu’un accès limité, voire inexistant, aux informations nécessaires. Conscient de cette difficulté, le Plan transition numérique du bâtiment (PTNB) va mettre en place très prochainement une plate-forme collaborative de gestion de projets en maquette numérique. Il s’agit là de généraliser l’usage du BIM auprès des entreprises, notamment en réduisant les coûts d’investissement en matériel et logiciel. Une plate-forme que le PTNB a souhaitée simple d’utilisation, sans obligation d’abonnement ou d’achat de logiciels spécifiques, compatible et interopérable avec tous les logiciels métiers utilisant en import et export la norme IFC (OpenBIM).

 

Environnement commun de données 

Ce type de plates-formes n’est pas une nouveauté, les grosses structures de la filière, qui ont les capacités financières pour accéder à des suites logicielles collaboratives commerciales, les ont déjà adoptées. Appelées « Environnement commun de données » (EDC ou Common Data Environnement), ces dernières autorisent l’échange de tous les processus d’information, de planification, de construction et d’exploitation pendant toute la durée du chantier, et après. Cet outil permet aux acteurs d’un projet d’échanger, non plus des plans et documents, mais des données sous la forme de modèles de gestion de données réelles.

 

Mécanismes d’interopérabilité

Grâce à un concept d’administration des droits déterminé, chaque participant reçoit un accès correspondant à ses obligations contractuelles spécifiques. Basé sur le Cloud, l’environnement d’un EDC est disponible en permanence ; il ne nécessite aucune installation ni aucun matériel, juste un abonnement. Il est conforme aux exigences de sécurité et de protection des données nationales et internationales et – important – la plateforme du PTNB proposera des mécanismes d’interopérabilité avec ces plates-formes commerciales. De quoi assurer ainsi « le bon développement des pratiques communes de collaboration, quelle que soit la taille des projets de construction engagés ».