En ligne de mire, les bâtiments à énergie positive

Immeuble le Candide à Vitry OPH de Vitry-sur-Seine  / Bruno Rollet architecte, un bâtiment Bepos avec récupération de chaleur sur eaux grises, production d’électricité photovoltaïque et gestion technique du bâtiment
A peine les constructions basse consommation (BBC) se généralisent-elles que se pose déjà la question de la prochaine génération de bâtiments. A savoir, ceux à énergie positive (Bepos), qui seront, si rien ne change d’ici là, la norme en 2020… Autant dire demain !

Pour les programmes de recherche Prebat, la définition d’un bâtiment à énergie positive est la suivante : « Un bâtiment est à énergie positive s’il consomme peu d’énergie et si celle produite sur le site, grâce aux énergies renouvelables, est supérieure à celle consommée (tous usages confondus) en moyenne sur l’année ». Mais ce n’est pas tout ! Un bâtiment Bepos doit aussi, précisent les experts, s’intégrer par sa qualité architecturale dans la ville et apporter aux utilisateurs un environnement intérieur sûr, sain et confortable, qui facilite les comportements écoresponsables. Et pour que ces bâtiments contribuent à la sobriété énergétique globale, leur construction doit être elle-même économe en énergie et leur localisation réfléchie afin d’engendrer le minimum de dépenses énergétiques pour le transport des habitants.
Multitude de combinaisons techniques

D’ores et déjà, de nombreux projets revendiquent l’appellation ou s’autoproclament Bepos. Effinergie, dans son dernier tableau de bord de la certification publié en juillet 2016, a recensé au 1er avril 2016, 34 programmes de logements collectifs, soit 11690 logements, qui ont déposé une demande de certification Bepos Effinergie depuis l’existence du label lancé en 2013.
Le retour d’expérience de l’association montre qu’il est possible d’atteindre le niveau Bepos avec une multitude de combinaisons techniques et ces constructions ne sont pas fondamentalement différentes des BBC. Il n’y aura pas de rupture comme avec le passage de la RT2005 à la généralisation du BBC. Autre constat : BBC ou Bepos, la qualité de l’enveloppe du bâtiment est fondamentale pour avoir les résultats escomptés. Les retours Bepos indiquent aussi qu’il y a un mixte technologique et qu’au plan de l’énergie, le solaire photovoltaïque est privilégié par les concepteurs. Sachant que pour le moment, il y a peu de projets avec stockage et autoconsommation. Tout dépendra de l’évolution des tarifs d’achat et des techniques de stockage.

Standardiser le Bepos

La vraie question n’est donc pas tant de savoir comment se construisent les bâtiments à énergie positive, mais plutôt comment généraliser le Bepos et arriver à construire jusqu’à 500 000 logements par an en sortant du schéma expérimental. Les quatre prochaines années devront donc être consacrées à banaliser les modes constructifs et équipements techniques qui permettront, sans faire exploser les coûts de la construction et sans la complexifier, de standardiser le Bepos. Nombre de spécialistes du secteur s’accordent à dire que l’un des moyens d’y parvenir repose sur la mise en place de référentiels communs. Il faudra aussi que ces projets puissent s’intégrer au quartier à énergie positive car aujourd’hui plus que le bâtiment, c’est le territoire qui est au centre des attentions.


Stéphane Miget©AdC Agence de Contenu