E-mag Décembre 2015 - Janvier 2016

Pascale LAIRE

La chaufferie en marche vers le BIM

BIM, le mot est sur toutes les lèvres, mais la notion reste floue. Ce que l’on sait, c’est qu’il faut s’y mettre si l’on veut conserver certains marchés. Alors c’est quoi le BIM ? Les chaufferies sont-elles concernées ? Quels sont ses avantages ? Pour quels professionnels ? Nous vous aidons à faire le point.

Difficile de définir le BIM de l’anglais Building Information Model, traduit « bâtiment et informations modélisés ». Il s’agit globalement d’une base de données, associée à une maquette numérique 3D sur lesquels peuvent interagir tout un ensemble de professionnels. Le BIM induit un changement radical des méthodes de travail tant pour la construction, que la rénovation ou l’exploitation.


La perfection virtuelle

Le BIM serait très avantageux. D’abord parce que la modélisation virtuelle d’un bâtiment permet des analyses plus fines (performance énergétique, budget, respect des normes…) et permet d’anticiper les erreurs. Ensuite, la maquette numérique se construit de manière collaborative entre tous les intervenants d'un projet, soit par des échanges de données, soit en permettant une intervention sur un seul et même modèle. Ce qui offre un gain de temps considérable puisque les données n’ont plus a être ressaisies à chaque étapes. Enfin, c’est également une manière de mieux maîtriser les coûts, et de gagner du temps sur le chantier.


La chaufferie modèle

Le BIM trouve son intérêt dans la conception des chaufferies. Les différents objets (chaudière, ballon…) sont ainsi importés dans la maquette ainsi que les caractéristiques associées à ces produits, tels que le diamètre des connexions en hydraulique, la dimension des produits mais aussi son encombrement. « L’objet BIM contient des informations techniques et prévient ainsi les désordres futurs. L’objet BIM indique ainsi l’espace qui doit être laissé vacant pour procéder au changement d’un brûleur de chaudière par exemple, et la maquette numérique renseigne sur la présence de poutres, ou l’ouverture des portes. Si la maquette est bien faite, le travail sur chantier est ainsi facilité » nous explique Pascale Laire, Chef de projet BIM pour le groupe Atlantic. De plus si l’installateur est en charge de la maintenance de la chaufferie, la maquette numérique continuera à lui faire gagner du temps, car l’objet BIM contient des informations utiles à l’exploitant. Il précise, le type de chaudière installé, les pièces détachées disponibles et signale même la périodicité du remplacement de certaines pièces. « Notre rôle est de fournir des objets BIM offrant des informations et caractéristiques utiles et adaptés à la diversité des utilisateurs. Un bureau d’étude thermique n’aura pas besoin des mêmes données qu’un bureau d’étude fluide, qu’un installateur ou même qu’un exploitant ».


Le BIM pour exister

Avec l’instauration du plan de transition numérique dans le bâtiment qui prévoit la généralisation du recours aux outils numériques par l'ensemble des acteurs dans le bâtiment public à l'horizon 2017, de plus en plus de professionnels se forment et s’équipent d’outils de BIM. Cette révolution technologique n’en est encore à ses débuts et beaucoup de choses restent à inventer mais pour Pascale Laire, il ne faut plus attendre. Cette dernière conclut : «Même dans un environnement concurrentiel fort, celui qui sait se servir du BIM va prendre des marchés. Certains installateurs se servent de cet outil un peu comme les cuisinistes. Le fait de modéliser une chaufferie en 3D et de savoir collaborer sur le BIM leur permet, lorsqu’ils répondent à des appels d’offre, de décrocher la commande ».



Aurélie Cheyssial©AdC-L’Agence de Contenu