E-mag Août 2015

Pascale LAIRE

Les bâtiments d’enseignement à la recherche de chaufferies performantes

Représentant 180 millions de m2, les bâtiments d’enseignement sont un parc hétéroclite, mélange d’établissements vieillissants et de constructions neuves innovantes. La conception ou la rénovation des chaufferies doit être minutieusement pensée afin de répondre aux exigences des maîtres d’ouvrage en terme de confort, de sécurité, de fiabilité et de performance énergétique.

Dans les bâtiments d’enseignement, le marché des systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire est en très grande majorité celui de la rénovation. La construction de ce type d’établissement reste importante mais est en décroissance ces dernières années. Lorsqu’elles investissent dans les chaufferies de ces bâtiments, les collectivités locales recherchent en premier lieu les économies d’énergie, car ce parc représente plus de la moitié des établissements publics qu’elles gèrent*. D’après le guide de l’association Energies et Avenir « La rénovation énergétique des bâtiments d’enseignement »,  le simple remplacement du système de chauffage engendre des gains énergétiques élevés (entre 20 et 60%).


Des besoins spécifiques

Salle de classe, cantine, gymnase, loge du gardien, internat…, les bâtiments d’enseignement sont une juxtaposition de plusieurs locaux aux usages et aux besoins en chauffage et eau chaude sanitaire divers. L’objectif est de bien analyser les besoins afin de garantir le confort sans gaspiller d’énergie. « Le dimensionnement des équipements doit se faire par une analyse précise des usages et des comportements », explique Pascale Laire, Responsable national de Prescription pour Atlantic Guillot. « Par exemple, la restauration scolaire demande une consommation d’eau chaude massive sur une courte période, Et fréquemment, l’éloignement du gymnase nécessite une solution autonome en complément de la chaufferie principale ».


Une forte intermittence

Entre les vacances scolaire et le rythme des cours, les locaux ne sont occupés qu'environ 20% du temps. La gestion de l'intermittence est primordiale pour économiser de l'énergie. Ainsi, les équipements de la chaufferie sont régulièrement assujettis à une programmation horaire, annuelle ou hebdomadaire, à des sondes de température externe, qui éteignent ou abaissent les niveaux de consigne des équipements.


Optimiser la condensation et intégrer les énergies renouvelables

La réduction des consommations énergétiques passe aussi par l’optimisation des rendements des chaudières. « Une vraie réflexion est menée aujourd’hui pour séparer les retours chauffage et eau chaude afin d’améliorer la condensation. Outre l’installation de chaudières trois ou quatre piquages, beaucoup d’établissements utilisent aussi la régulation pour la gestion des cascades avec loi d’eau sur circuits de chauffage» indique Pascale Laire.

Une autre source d’économie d’énergie passe par l’utilisation des énergies renouvelables. Plusieurs systèmes existent. Identifiée depuis longtemps, l’intégration de systèmes solaires n’est pas très adaptée aux bâtiments scolaires, généralement inoccupés l’été, quand le soleil permet la meilleure productivité. « Les établissements étaient dans l’attente de solutions plus adaptées à leurs besoins. Nous leurs conseillons désormais la pompe à chaleur avec appoint gaz. Son intérêt est de pouvoir lisser l’utilisation des énergies renouvelables plus longtemps dans l’année. Maintenant que de nouvelles solutions arrivent, la demande revient, notamment sur le marché de la rénovation énergétique », souligne la responsable d’Atlantic Guillot.


Une maintenance à ne pas négliger

Afin de s’assurer de réelles économies d’énergie, les collectivités mettent souvent en place des contrats de performances énergétique ou CPE. Par ces contrats de partenariat public privé, une collectivité engage une entreprise pour financer, réaliser des travaux, entretenir les nouvelles installations tout en garantissant les futures économies d'énergie. Une pratique intéressante, car la maintenance des équipements ne doit pas être négligée afin d’assurer la durabilité des équipements, leur performance, ainsi que l’optimisation du système de régulation. « Afin de rassurer les donneurs d’ordre sur la pérennité des installations, nous leur proposons la garantie accompagnée 10 ans sur leurs installations. Celle-ci vient en complément de leur exploitant. Grâce à des contrôles réguliers, elle permet d’anticiper certaines pannes. C’est un point important, principalement sur un site occupé par des enfants, où il faut assurer la continuité de service, afin qu’on ait toujours du chauffage pendant l’hiver et de l’eau chaude pour la cantine et le gymnase ».



Aurélie Cheyssial©AdC-L’Agence de Contenu


* études réalisées en 2009 par le Centre d’Etudes et de Recherches Economiques sur l’Energie (CEREN).