Comment réussir un projet de rénovation énergétique en copropriété

Comment réussir un projet de rénovation énergétique en copropriété
Compte tenu de l'inertie des copropriétés – trois ans au minimum pour prendre une décision –, il est essentiel que les projets de travaux d’amélioration de la performance énergétique soient parfaitement préparés et compris, et ce sur tous les plans : financier et technique.

La rénovation des copropriétés est sans doute l’un des plus vastes, mais aussi l’un des chantiers les plus complexes pour réussir la transition énergétique du secteur du bâtiment. Les gisements d’économies d’énergie y sont colossaux, car cela concerne, au bas mot, plus de 8 millions de logements. D’ailleurs, avant même de parler de travaux, quantité d’énergie pourrait être économisée par la seule modification des comportements des copropriétaires. Mais cela passe forcément par l’information. Et c’est là que le bât blesse, car l’un des principaux obstacles quant au changement de comportements ou à la programmation de travaux d’amélioration de la performance énergétique tient au manque d’informations, de méthodes qui conduit souvent au blocage des copropriétaires.

Accompagnement des copropriétaires

En ce qui concerne les blocages, la loi de Transition énergétique pour la croissance verte en a levé quelques-uns. Elle a notamment supprimé le vote à l’unanimité pour ce type de travaux et a institué le vote à la majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés à l’assemblée générale. Un premier pas mais cela ne suffit pas à la prise de décision. C’est pourquoi il est important de bâtir le projet de rénovation globale de façon intelligible pour tous. C’est la première étape. Evidemment, les choses se déroulent mieux lorsque les copropriétaires sont moteurs ou accompagnés. C’est d’ailleurs l’un des autres aspects de la loi de Transition énergétique : celle-ci précise qu’il ne suffit pas de sensibiliser mais qu’il faut accompagner les copropriétaires jusqu'à la phase travaux. Dans ce cadre, il y a eu des appels à manifestation d'intérêt sur tout le territoire. A Paris par exemple, cela s’est concrétisé par la mise en place d’un guichet unique par l’Agence parisienne du climat, via la plate-forme Coach Copro.


Suivi financier 

Dans tous les cas, il est indispensable de communiquer abondamment pour expliquer le projet, y compris en faisant du porte-à-porte. Cette étape est d’autant plus cruciale qu’elle permet de mener une enquête sociale pour le suivi financier, avec un financement spécifique à chaque copropriétaire. Car le financement s’avère bien sûr l’un des blocages les plus importants. Il est donc nécessaire que chaque propriétaire connaisse les aides spécifiques dont il peut bénéficier tout au long des travaux, lesquels sont souvent programmés sur plusieurs années.  


Tout aussi essentielle, la constitution du dossier : le cahier des charges doit être très détaillé, études à l’appui, pour que les travaux puissent être votés. Tout doit être pris en compte pour éviter les loupés. Attention par exemple au diagnostic. Exemple à Paris sur une petite copropriété, où ce dernier n’avait pas révélé la présence de plomb au niveau des anciennes menuiseries. Résultat : un surcoût de 20 000 euros par rapport aux prévisions ! La préparation est donc capitale.  


Stéphane Miget