ECS : l’importance du dimensionnement des débits

Marc-olivier Choichillon
En collectif, lorsque l’on vise une installation d’eau chaude sanitaire performante, l’équipement seul ne suffit pas. Il est primordial de bien équilibrer la boucle d’eau chaude sanitaire afin d’éviter inconfort, gaspillage d’eau et d’énergie mais aussi le développement de bactéries.

C’est un fait : la conception des réseaux de distributions d’eau chaude sanitaire doit faire l’objet d’un soin minutieux. Un surdimensionnement entrainera, en effet, un gaspillage d’énergie et un surinvestissement inutile au niveau de la machinerie. Quant au sous dimensionnement, il est synonyme d’inconfort des utilisateurs puisque le tirage sera trop long. « Le dimensionnement des réseaux est d’autant plus important que, par la suite, il ne sera généralement possible d’intervenir sur les erreurs passées qu’à l’occasion de rénovation lourdes » explique Marc-olivier Choichillon, chargé d’affaire pour le bureau d’étude Sénova.

Calcul des débits adaptés

Les bons débits sont principalement définis par rapport aux nombres d’appareils raccordés sur le réseau et à la vitesse de circulation. Ainsi, précise Marc-olivier Choichillon, « l’objectif est tout d’abord de maintenir l’eau à une température minimum de 50°C en tout point du réseau. Autre impératif, avoir une vitesse de circulation supérieure à 0,2 m/s (mètre seconde), afin de ne pas avoir de « bras mort ». Cette vitesse minimum évite le développement du bio-film grâce à la création d’un régime turbulent permettant le décollement de ce dernier. « Toutefois, prévient ce dernier, la vitesse ne doit pas excéder certains seuils, selon l’endroit où l’on se situe (logement, cave, gaine palière, colonne montante) afin d’éviter les bruits de circulation ».

Pour le chargé d’affaires, le bon dimensionnement passe par l’analyse des besoins. « On définit d’abord le profil type (logement, tertiaire…), puis on recense l’ensemble des points de puisage d’eau froide et d’ECS de l’immeuble, afin de définir les besoins maximaux de l’installation, ou débits de base. Un coefficient de simultanéité, permettra d’obtenir une estimation du débit réel d’approvisionnement de ces appareils sanitaires ». L’analyse de ces éléments permet ainsi de définir le diamètre des tubes nécessaires à chaque endroit du réseau et de dimensionner les circulateurs.


Importance des vannes d’équilibrage

Les vannes ont également un rôle à jouer. Elles sont des outils de réglage placés sur le retour de bouclage. Ces dernières permettent de régler précisément les débits car chaque colonne n’a pas les mêmes besoins, ni même la même architecture de réseau. Une installation performante et économique en énergie nécessite, en outre,  une chaudière bien dimensionnée, des circulateurs adaptés, un réseau sain, et des vannes correctement réglées. Ensuite, on peut ajouter sur le retour du bouclage, des vannes thermostatiques. Ces équipements, qui s’ouvrent et se ferment automatiquement, selon la température de retour souhaitée, permettent de mieux répartir les débits. 

« En matière de dimensionnement, les plus grosses erreurs que nous constatons sont toujours sur l’estimation des besoins » analyse Marc-olivier Choichillon. Avant de conclure :  « Autrefois, on surdimensionnait d’office, aujourd’hui le coût de l’énergie nous amène à être vigilant quant au bon dimensionnement des systèmes ».


Aurélie Cheyssial©AdC-L’Agence de Contenu