Directive européenne d’éco-conception : c’est maintenant !

La directive européenne d’éco-conception est maintenant bien connue des fabricants qui, depuis septembre 2015, date de son entrée en vigueur, la prennent en compte pour concevoir les produits. Cette réglementation s’est durcie pour les ballons de stockage d’eau chaude sanitaire (ECS) fin 2017. Elle se renforcera encore début 2018 pour les chaudières sans brûleur. Explications. 


Depuis le 26 septembre 2015, la directive européenne d’Eco-conception, fixe les exigences en matière de rendement et d’émission de polluants applicables aux produits énergétiques. Elle impose notamment que tous les appareils satisfassent à des exigences minimales d'efficacité énergétique. Elle s‘applique aux chaudières et aux accumulateurs ECS gaz jusqu’à 400 kW, aux pompes à chaleur et aux ballons d‘eau chaude jusqu‘à 2 000 litres. Ainsi les chaudières ayant jusqu’à 400 kW de puissance thermique, doivent avoir un rendement minimum de 95.5 % PCI à pleine charge ou 86 % PCS.

Niveau de rendement élevé

Une réglementation qui reprend les codes désormais bien connus des étiquettes d’efficacité énergétique de l’électroménager. « Mais surtout, explique Christian Bonnet, chef de groupe marketing chaudières collectives Groupe Atlantic, elle a eu un gros impact sur les chaudières de moins de 400 kW en imposant un niveau de rendement qui a quasiment rendu obligatoire l’installation de chaudières gaz à condensation, dans le neuf comme en rénovation ». Pour les fabricants de chaudières, cela a nécessité une adaptation de certaines gammes de produits et a permis de valoriser les plus performants d’entre eux. 


Fin de l’exception chaudière sans bruleur 

Restait encore une exception à cette obligation de rendement minimal, qui s’arrêtera au 1er janvier 2018 : « Les chaudières pressurisées qui étaient vendues sans brûleur et destinées au remplacement d’un produit équivalent n’étaient pas concernées, ce ne sera plus le cas ». Ce qui pose la question de leur remplacement. Pour Christian Bonnet, deux options sont possibles : « Soit par des chaudières pressurisées à condensation, soit par des chaudières spécifiques gaz – de mon point de vue plus avantageuses car elles permettent de travailler davantage la conception des installations ». Celles-ci répondent notamment aux problématiques de place : « Souvent les chaufferies sont installées en sous-sol. Composées de plusieurs modules, les chaudières gaz modulaires sont tout simplement plus faciles à transporter et sont d’un encombrement moindre ». 

Renforcement du niveau d’exigence sur les ballons de stockage ECS

Autre évolution liée à la directive européenne d’Eco-conception du côté des ballons de stockage d’eau chaude sanitaire (ECS) sans appoint. Comme les chaudières, ils sont soumis à la directive depuis 2015. Notamment en ce qui concerne les niveaux de pertes statiques nécessaires pour définir le niveau de classement de A à G. Sachant que les appareils de niveau F et G sont interdits à la vente, depuis 2015. Sur ce plan, la réglementation a encore évolué depuis le 26 septembre 2017. En effet, l’étiquetage est obligatoire sur les ballons uniquement jusqu’à 500 L alors que l’exigence sur les pertes statiques concerne tous les ballons jusqu’à 2000 L. L’étiquette énergétique indique désormais une nouvelle classe A+ et un renforcement des performances des produits autorisés à la vente puisque ceux de classe D et E sont désormais interdits : « L’objectif de ces évolutions est de promouvoir sur le marché des ballons minimisant les pertes thermiques. Plus un ballon est isolé, plus l’énergie restera longtemps stockée à la bonne température », conclut Aurore Gautron, chef de groupe marketing Eau Chaude Collective Groupe Atlantic.